Les frères Ravier : L’Aventure Pyrénéenne

Les frères Ravier… et le documentaire retraçant leur « Aventure Pyrénéenne ».
Eux, ils ne font pas de la « grimpe ». Et pourtant Jean et Pierre Ravier ont ouvert presque toutes les voies classiques – et difficiles – des Pyrénées. Encordés à la taille, munis de quelques pitons et de beaucoup d’ingéniosité, ces frères jumeaux pyrénéistes hors du commun, ont réalisé 370 courses dont plus de 200 premières sur l’ensemble du massif, de 1950 à nos jours.

« La montagne, on n’y monte pas comme à un mât de cocagne » disent ces ascensionnistes intrépides qui certes n’échappent pas au défi de se mesurer aux sommets… Mais c’est là « une infime partie » de leur aventure pyrénéenne que la réalisatrice Maryse Bergonzat retrace en un très joli film de 52 minutes (*).

À travers divers témoignages, elle pointe cette « obstination tranquille » des frères Ravier qui leur permet toutes les audaces. Les deux premières voies qu’ils ont ouvertes, la face nord de la grande aiguille d’Ansabère, celle du Piton carré du Vignemale, le premier bivouac de nuit en paroi… Et l’Ossau qui renferme leur œuvre, là où ils ont tracé une quinzaine d’itinéraires… Discrètement. À la manière des antihéros qu’ils sont.

Maryse Bergonzat raconte le déclenchement du désir, le repérage photographique, l’intuition de la voie. Elle explique le style Ravier qui est de s’immiscer dans la montagne, cette liberté d’inventer « le chemin intelligent » qui répond à la logique de la paroi… La paroi « qu’ils lisent comme un livre »… Pour réaliser une escalade de caractère.

En mots choisis, la réalisatrice entre délicatement dans l’intimité des grimpeurs, dans leur histoire d’amour avec les Pyrénées. « Ce qui m’intéressait, c’était de travailler sur cette attirance que les gens ont vis à vis de ces montagnes-là ». Une attirance que les Ravier, cordée emblématique du pyrénéisme du XXe siècle représentent si bien.

En des images magnifiques, elle nous fait partager leur regard sur les Pyrénées. Contemplatif, poétique, technique. Et l’idéal du pyrénéiste « savoir ascensionner, écrire et sentir ». Et regarder.

« Aller dans les pas des Ravier, c’est prendre le temps » conclut-elle. D’une bonne bouffée d’oxygène.

Le film a bénéficié d’une aide de la Région de 12 000 €, dans le cadre du Fonds régional d’aide à la création audiovisuelle.

texte issu d’un article presse paru en 2008, au moment de la diffusion du documentaire

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